Vers dix heures ce soir je sais que je sortirai de cet immeuble bien gris et que l’on me dira que ce sera impossible le retour. Ayant sorti de ces portes pour la dernière fois, un sourire me sera envoyé de part de mon Dieu et je sourirai et je marcherais… peut-être j’aurai même le temps de m’éloigner. Mais avant que le temps de ma sortie ne vienne j’attendrais ; quattre murs, quattre coins, dans une chambre pleine de rien où personne n’entre jamais. Jamais j’en aurai le courage je vous le confie ce secret que je garde depuis toujours dans mon coeur… qui depuis que j’ai été mis prisonnier dans une chambre rouge au cinquième étage d’un immeuble peu importe la structure me tremble… qui depuis que j’ai vu dans le monde quelquechose de vivant qui m’a surpris des fois et des fois me hante… cette peur si écrasée par tant d’autres, à laquelle je m’habitue encore et encore en me disant qu’il vaut mieux être naif que d’être savant… C’est ma peur qui me tient dans une chambre de laquelle j’ignore le nom de laquelle j’ignore les meubles mais dans laquelle j’ai passé juste une petite infinité toute reservée à moi à mes pensées…
D’abord ce n’est rien que la solitude qui vous accueille, quattre murs quattre coins un homme… C’est du simple calcul tout ça. Rien ne semble appartenir à cette triste ambiance, ni les hommes ni les sentiments non plus les mots, rien ne peut y naître j’en suis convaincu… Je suis indigène je crois, je fus né dans cet enfer. Mais quelle contradiction, rien ne peut y naître or j’y suis né donc je suis rien j’oserais même le dire par simple totologisme. Désolé on ne peut que parler de rien et chercher la logique derrière ces murailles, ça, ce n’est que du rêve mes chers. Enfin rien ne m’a fallu pour y parvenir, il suffisait seulement descendre quelques escaliers dans le cerveau, passer par quelques portes de conscience et voilà j’y étais: quattre murs quattre coins un homme tout perdu dans cette solitude telle que vous l’appelez. Non j’aimais tant cet hiver de pensées gelées, j’aimais tant l’inértie des ombres et la sueur crée par la chaleur d’une inquiétude melangée avec une sorte de paranoia… J’aimais tant ma liberté de prisonnier et voilà ce que j’écrirai de ma ville natale; quattre coins quattre murs.
Mon deuxième “d’abord” je l’utilise pour débuter ce joli paragraphe ; d’abord ce n’est rien tout ça, c’est un immeuble bien regulier, même ennuyante si l’on juge son architecture, de plus c’est une structure qui vous flétrit qui vous suce le sang car il est… Il est je ne sais quoi. On chante ici des hymnes, oui on les chante chaque jour. On murmure à travers les murailles; on entend, chacun dans sa misère chacun dans sa voix et dans sa langue crier ou murmurer selon sa volonté et par droits de sa liberté. Hélas des oiseaux ne nous accompagnent pas on espérait qu’un jour ils viendront nous écouter comme nous les avions écouté chaque jour dans nos vies, mais quel voeu ridicule… Non les amours nous ont quitté tous, rien ne dure à l’infini c’est ce que j’en conclus, rien ne vous reste pourtant on peut estimer tout de même que tout reste à faire vu ce champ bornée ou bien la chambre si vous le désirez être appelé de cette manière. Nous n’avons que quattre coins, quattre murs ce qui fait une chambre. Une chambre que vous ne connaîtrez jamais j’espère, mais vous entendrez surement parler de celle-ci. On vous la racontera, on dira qu’elle brûle et c’est vrai qu’elle brûle de temps en temps, quand les souvenirs vous arrivent en cauchemars et en chimères ou bien quand les hymnes se transforment en mots qui vous caressent les cheveux tout comme m amère le faisait jadis. Elle brûle et elle vous tourmente c’est proprement dit cette phrase, mais je ne sais pas on a quelques sourires pour partager notre insouciance que j’entends, à travers des solides murs rouges, incomfortables, mais des murs normaux, des murs de lesquels il ne faut pas parler, car il vous entendent aussi. Il faut se taire dans la chambre, ou chanter…
Quand la faiblesse physique devient une force mentale, quand les limites vous tracent des champs infinis dans les yeux, quand les murs entendent et quand quattre murs quattre coins et un homme se croisent par hasard quelque part dans le monde, on présuppose que ce quelqu’un -en train de faire un rencontre plus ou moins dangereux- se déclare mort. Il passe par des portes, il voyage comme le font les archéologues, les découvreurs, les hommes d’affaire mais cette fois-ci hors de sa volonté. On dépasse la vie, mais on reste dans une chambre. Quelle drôle de justice divine, en fait les choses ne sont jamais telles que nous les apercevons. La preuve en est; la mort n’est pas celle qui nous tue, c’est nous qui sont tués et sommes-nous des tueurs enfin ?
Quand l’envie de sourire devient un insant vital, quand l’enfance est une sorte d’age de maturité que l’on vit, quand mes mots s’affaiblissent et quand je n’ai rien d’autre à penser j’entends une chanson:
“On a construit des murailles privés de lumière,
Rêvé de jardins, de fleurs ; l’ombre et la poussière,
J’y ai fait quelques mondes, quelques endroits…”
Et je ne souris point… Quand nous comprenons que l’énergie n’est pas seulement dans le mouvement mais que le mouvement est dans nos yeux, nous serons assez sages pour nous arrêter voir pour quelques instants ce qui se passe autour de nous. Quant à l’énergie elle était quelquepart par là ou bien par là, je l’ai encore une fois perdue. Je suis en fait trop distrait comment perdre quelque chose de si précieuse dans une chambre où il n’y a absolument rien. Mais n’avons-nous pas toujours perdu et toujours raté ce qui était dans nos mains ? Quand les cinq sens des prisonniers sont touchés c’est un sixième qui les délivre… Ce sixième c’est l’envie de vivre. C’est ce qui me manquait je crois, il suffisait le perdre pour vous assurer le comfort d’une vie infernale et fournir des heures de regret.
On m’avait dit que j’étais libre, dans la rue, un soir quelconque, pendant que j’essayais de marcher parmi ces gens qui vous pércutent et vous bloquent à chaque pas, qui donnant à cette randonnée un air de jeu enfantin vous font sentir au milieu d’un concours. On m’avait pris par les épaules, un gros homme noir bien familier mais dont le visage était dissimulé derrière les ombres de cette nuit m’avait emmené dans une impasse où il m’a révelé que j’étais libre. Etrange non? Bizarre même. Or je ne pouvais rien lui répondre, qui sait si on est libre ou non? Qui veut être libre? Vaut-il mieux être libre? Serais-je libéré? Voulais-je l’être; libre… Il ne faut -au moins je le sais celui-ci- jamais être libre comme les oiseaux, car ceux-ci sont trop épeurés dans cette liberté, à chaque mouvement d’homme, ils partent voler est-ce ça la liberté dont vous fournissez mes chers êtres ailés?
Vas-y comme le silence... Ce dernier est déjà arrivé car je pars chérie le comprends-tu? Car j'ai la tête qui parle... J’ai la tête qui se fait des bouches, des langues et des dents qui rejoignent une gorge synthéthisée et j’ai la tête qui parle, de miliers de dents, de miliers de mots, de miliers de sons voilà ce qu’ils m’offrent ce soir, cette vieille crâne souffre. Vers dix heures je sortirai de l’enfer, le séjour d’un homme quelconque s’arrête vers dix heures. J’ai pris mon temps comme disent les autres d’aller faire un tour en enfer. L’enfer ce n’est même pas loin, il suffit de sauter au-dessus de l’imagination, tourner à gauche après avoir vu les coins des souvenirs, prendre le metro des regrets, descendre a l’arrêt de subconscience, trouver la rue de l’oubli, demander à l’homme étrange dans l’ombre où c’est l’enfer. On vous ouvre la porte… des enfers.
Vas-y l’enfer ce n’est pas trop loin d’ici, l’enfer c’est un lieu dans les cerveaux des hommes… C’est des pensées comme des araignées, qui vous empoisonnent qui vous déchirent parfois et qui sont surtout toujours noirs comme elles. L’enfer c’est une clinique où l’on traite les manies et névroses. Tant d’amis j’y ai: un fantôme et quelques schizophrenes fidèles. Des psychopathes et des psychologues et des psychoamis, quelques pillules, une chambre, quattre coins, quattre murs, un homme… Tous vivent dans l’enfer. Et si un jour il me vient l’idée d’écrire quelques paragraphes sur ce lieu comme aujourd’hui par exemple, je sais bien ce que je veux vous réveler… L’enfer c’est la famille, c’est un père qui vous engeule, une mère qui vous détermine et contrôle, un frère qui semble à un être mais qui ne l’est même pas en fait. Je ne sais quoi dire de l’enfer, c’est un toit et quattre personnes, vous imaginez la douleur. C’est pourquoi on est tourmenté là-bas, c’est pourquoi on vous punit sans jamais s’arrêter. Car les parents font tous pour leurs enfants, ils emmenèrent le paradis et l’enfer pour eux sur terre. On l’appelle “la maison” maintenant. Et on en a perdu les clés.
L’enfer c’est des amours qui vous quittent, qui vous aiment mais qui ne vous aiment pas autant, qui vous utilisent et qui vous jettent parfois… C’est des amours auxquels nous ne donnons jamais assez pourtant auxquels nous avons déjà tout donné y inclus nous-mêmes. Des moments dont nous sommes amoureux, des jours où nous tombons éperdument amoureux ces deux vous les rencontrerez en enfer en grande quantité. Des amoureux qui brûlent les nuits, les jours et aussi les midis et qui donnent aux clairs de lune des poèmes incompris font que l’enfer soit quelque lieu sans espérances sans futur et sans jouissances également sans satisfaction. On en veut toujours n’est-ce pas? L’enfer est notre désir de tout laisser tomber, de quitter le monde même s’il faut mourir et subir ces quelques tourments exagérés par les écrivains grecs, et les hommes de religion particulièrement chrétiens.
L’enfer c’est un jeu que les enfants jouent, des enfants divins le croirait-on? Quand un d’entre eux veut quitter le jeu, quand un d’entre eux crie et pleure parce qu’il a tout simplement perdu les autres rient et c’est l’enfer.
L’enfer est enceinte, aux douleurs, aux punitions, à ce monde et aux miséreux il va donner naissance ce soir vers dix heures je crois… On entend les cris d’une femme enceinte asphyxiée par des contractions et apaisée par son mari, c’est pourquoi l’enfer ne détruit pas. Il crée toujours, il donne naissance, il est fértile, il n’est pas la fin mais juste un début mal compris.
L’enfer c’est le bébé qui naîtra ce soir vers dix heures. Ce bébé connaîtra le monde tel que les autres l’avaient connu et connaissent encore, il vivra tel que les autres ont vécu, il réspira enfin. Il grandira dans un monde d’où il ne pourra jamais sortir, on est par nature condamnés, on est dès naissance borné, limité, restreint que nous ferait-il de mauvais en nous mettant dans un enfer d’une autre sorte ce dieu que je ne connais quère, auquel j’ai tant prié mais duquel je n’ai réçu rien d’autre qu’un couple d’adjectifs synonymes; ingrat, insolent. Ce bébé ouvrira les yeux lentement, il marchera lentement et grandira d’une vitesse inférieure. Ce bébé criera ce soir pour la première fois dans sa vie, parce qu’il sait bien dans quelle folie et dans quel monde il naît ; c’est un monde d’enfer.
L’enfer est dans notre âme chéri, dans tes yeux je crois l’avoir vu. Ne vois-tu pas un monde d’enfer à travers ta fenêtre, un peuple d’enfer, des hommes d’enfer? Ne vois-tu pas des cauchemars les nuits? Ne trembles-tu pas de peur? Tourmentes-tu pas? Ne te tourmente-t-on pas assez? Soyez le bienvenu dans un enfer mon cher bébé, pleures encore…
Je suis descendu mais je ne sortirai pas, vous en comprenez la raison j’espère…
13 Temmuz 2007 Cuma
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1 yorum:
tu es la plaie et le couteau !
tu es le soufflet et la joue !
tu es les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !
git bakalım sen.
mon petit brillant enfant.
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